Room for Myself - DE LA MAISON PARFAITE À LA MAISON PERSONNELLE


Il existe de magnifiques maisons dont on ne se souvient presque plus au bout de cinq minutes. Et puis il y a ces pièces imparfaites que l’on ne se lasse pas de regarder : un mur entièrement recouvert de livres, une photographie posée presque au hasard, une céramique venue on ne sait d’où, à côté d’un objet qui semble être là depuis toujours.

Ce sont souvent justement ces éléments qui semblent s’être retrouvés ensemble par hasard qui rendent un intérieur intéressant. Non pas parce que le design est moins important, mais parce qu’une maison n’est jamais uniquement constituée de ce qui a été conçu : s’y ajoutent les objets, les habitudes, les souvenirs et tout ce que nous décidons de conserver. Et c’est ainsi qu’elle commence à nous ressembler.

Pendant longtemps, une grande partie de l’imaginaire domestique a suivi la tendance inverse

Pendant longtemps, une grande partie de l’imaginaire domestique a suivi la tendance inverse. D’abord les magazines, puis Pinterest, Instagram et Airbnb nous ont habitués à des intérieurs impeccables, parfaitement coordonnés et immédiatement compréhensibles.

Des maisons très différentes les unes des autres ont ainsi fini par partager les mêmes couleurs, les mêmes objets, les mêmes associations.

Aujourd’hui, nous semblons nous être lassés de toute cette perfection. Les bibliothèques se remplissent à nouveau, les objets personnels restent à la vue de tous, les collections ne doivent plus nécessairement être classées selon un critère compréhensible par tous.

Pendant des années, nous avons recherché des maisons à photographier. Aujourd’hui, nous nous intéressons de plus en plus aux maisons qui parviennent à raconter l’histoire de ceux qui y vivent.
Comme cela arrive souvent lorsque quelque chose commence à apparaître de plus en plus fréquemment dans nos intérieurs, quelqu’un finit par lui donner un nom.

On a parlé de « Bookshelf Wealth » pour décrire des intérieurs construits autour de livres, d’œuvres et d’objets collectionnés au fil du temps ; et de « Lore Building » pour des maisons si personnelles qu’elles renferment des références, des souvenirs et des associations qui n’ont pleinement de sens que pour ceux qui y vivent.

Au-delà des étiquettes, ce que ces phénomènes semblent révéler est intéressant : après des années passées à avoir accès à une quantité pratiquement infinie d’images et de références, ce qui prend de la valeur, c’est justement ce que nous ne pouvons pas reproduire d’un simple clic.

Un livre lu jusqu’à l’usure, d’où dépasse un marque-page, une collection commencée sans savoir qu’elle deviendrait une collection, ce tableau laid dont on a hérité et cet objet qui ne cesse de nous suivre à chaque déménagement.


La question, donc, n’est pas simplement de s’entourer de plus d’objets

La question, donc, n’est pas simplement de s’entourer de plus d’objets. Il s’agit de pouvoir créer un espace où ce que nous choisissons et ce qui nous appartient déjà puissent cohabiter. Une bibliothèque peut être une composition rigoureuse et, en même temps, l’endroit où s’accumulent livres, photographies et souvenirs. Une boiserie peut définir l'architecture d'un mur sans pour autant en déterminer entièrement l'histoire. Le verre, la céramique, les couleurs et la lumière peuvent donner du caractère à un espace tout en laissant les objets le compléter.

C'est là que la personnalisation va au-delà du simple choix d'une finition. Dans la collection Day d'Alf DaFrè, les boiseries, les meubles de rangement et les vitrines composent un ensemble où se côtoient matériaux, lumière et objets. Les plans de travail en verre ou en céramique apportent des matériaux et des reflets variés ; les portes Teca et les vitrines Aura intègrent les objets dans la composition ; l'éclairage intégré modifie la perception des surfaces et des volumes.